À retenir
- Ce n’est pas un conseil. Les baskets et les jeans sont explicitement indiqués comme inadaptés lors de la réservation.
- Vous aurez chaud en marchant, puis vous resterez immobile dans l’air froid pendant une heure.
- Le plateau est exposé, et c’est surtout le vent qui rend les conditions difficiles.
- Casque et harnais vous sont remis au refuge.
Pourquoi des chaussures de randonnée, précisément
La page de réservation exige des chaussures de randonnée et précise que les baskets et les jeans ne conviennent pas. C’est un langage inhabituellement direct pour la description d’une excursion, et mieux vaut le comprendre que s’en agacer.
Le sol est une coulée de lave vieille de quatre mille ans. Sous la mousse, c’est un enchevêtrement de blocs, avec des interstices, des trous et de petits effondrements entre eux. La mousse donne l’impression d’un terrain plat sans rien y changer. Vous ne voyez pas où vous posez le pied, et chaque pas est légèrement différent du précédent.
Une semelle souple se plie dans ces interstices. Une cheville non maintenue se tord lorsqu’un bloc bouge. Ni l’un ni l’autre n’est dangereux à un rythme de marche normal et avec de l’attention, mais les deux deviennent extrêmement fatigants sur quatre-vingt-dix minutes. C’est pourquoi tous les visiteurs qui minimisent la randonnée se révèlent, lorsqu’on leur demande, avoir porté de vraies chaussures de randonnée.
La consigne concernant les jeans répond à un autre problème. Le denim est lourd, retient l’eau, ne sèche pas et devient très inconfortable avec le vent. Dans un endroit où une averse peut arriver sans prévenir, c’est une matière inadaptée, pas simplement peu élégante.
Des couches, car la journée est contradictoire
Cette journée impose deux exigences opposées, et aucun vêtement unique ne permet de concilier les deux.
La marche produit de la chaleur. Quatre-vingt-dix minutes d’effort régulier avec un sac, même par temps frais, et la plupart des visiteurs arrivent au cratère plus chauds qu’au départ et enlèvent une couche.
Puis tout s’inverse. Vous attendez, immobile, au bord d’un cratère exposé, qu’un treuil soit disponible, pendant une durée indéterminée et quelles que soient les conditions sur le plateau. Ensuite, vous restez immobile sur une pente d’éboulis, dans une chambre froide depuis des millénaires. Rien de tout cela n’implique le moindre mouvement.
La solution consiste à superposer des couches que vous pouvez enfiler et retirer sans arrêter le groupe : une couche de base, une couche intermédiaire chaude et une veste coupe-vent. Il ne faut surtout pas s’habiller parfaitement pour la marche, puis ne plus rien avoir pour les deux heures passées immobile.
Le vent, la véritable variable
Les températures islandaises sont douces pour cette latitude, mais pas le vent. Sur un plateau exposé, une température modérée accompagnée d’un vent fort est bien plus éprouvante qu’une température plus basse par temps calme, et le plateau est presque toujours venteux.
Une couche extérieure coupe-vent est donc plus importante qu’une couche épaisse. Un manteau épais que le vent traverse est moins efficace qu’une fine veste imperméable portée sur une polaire.
Un bonnet qui couvre les oreilles et des gants que vous pouvez réellement utiliser sont les deux accessoires que les visiteurs oublient le plus souvent et regrettent le plus souvent. Ils ne prennent pratiquement aucune place.
Chaussures sur une lave accidentée sous la mousse
S’habiller pour une chambre qui ne se réchauffe jamais
L’heure passée sous terre mérite une attention particulière, car c’est la partie pour laquelle les visiteurs se préparent en dernier et qu’ils ressentent le plus.
La chambre est à la température de la roche environnante depuis quatre mille ans, ce qui, en Islande, n’a rien de clément. Il n’y a ni soleil ni refroidissement éolien, et aucun effort : vous restez debout sur une pente, à regarder vers le haut, presque sans bouger, pendant jusqu’à soixante minutes.
Cette combinaison - air froid, absence de mouvement, longue durée - traverse précisément les vêtements qui ont parfaitement suffi pendant la marche. L’erreur consiste à arriver au cratère en ayant chaud, retirer une couche pour être plus à l’aise, puis monter sur la plateforme sans la remettre.
La règle est donc simple, mais presque personne ne la suit : enfilez votre couche supplémentaire avant de monter à bord, et non après avoir commencé à sentir le froid. Une fois au fond d’une chambre magmatique, vous n’aurez que les vêtements que vous portez.
Ce qui est fourni
La cabane vous fournit un casque et un harnais, tous deux inclus dans votre réservation. Ils sont ajustés à l'intérieur avant la randonnée, ce qui est judicieux, puis vérifiés de nouveau au cratère.
Rien d'autre n'est fourni, et rien d'autre n'est nécessaire. Cette excursion ne requiert pas de matériel technique, seulement une tenue de randonnée classique et des chaussures de randonnée.
Le harnais se porte par-dessus vos vêtements : une veste que vous pouvez fermer est donc plus pratique qu'une veste ample qui flotte au vent. Cela peut sembler un détail, mais c'est la différence entre un ajustement de trente secondes et un autre de deux minutes dans le vent.
Ce qu'il faut emporter et laisser
Emportez de l'eau. Quarante-cinq minutes à l'aller, une heure sous terre et quarante-cinq minutes au retour, c'est plus long que ce que l'on prévoit généralement, et il n'y a absolument rien entre la cabane et le cratère.
Préférez un petit sac à un grand. Vous le porterez pendant trois kilomètres et vous n'aurez nulle part où le poser dans la chambre.
Emportez une pièce d'identité si l'on vient vous chercher, ainsi qu'un appareil photo ou un téléphone si vous le souhaitez, en sachant qu'un écran lumineux sous terre ne vous rendra pas service.
Laissez tout le reste à la cabane : vêtements de rechange, affaires de route, tout objet encombrant. Vous pourrez les y déposer, et il n'y a aucune raison de les porter à travers un champ de lave.
Utilisez aussi les toilettes de la cabane avant de partir. Il n'y a rien entre celle-ci et le cratère, et l'aller-retour, avec l'heure passée sous terre, dure bien plus de trois heures.
